Club de lecture – Lundi 17 mars 2025 de 14h à 15h30
Club de lecture
Lundi 17 mars de 14h à 15h30
Le club de lecture se réunit tous les mois pour échanger des suggestions de lectures, des compte-rendus, des coups de cœur et des lectures d’extraits… Retrouvez ces livres et vérifiez leur disponibilité dans notre catalogue.
Compte-rendu du 17 février 2025
Dernier roman policier paru en poche de cet auteur. Ils se passent tous à La Havane. Ils donnent une idée de la vie à Cuba telle qu’elle existe pour les pauvres avec les privations, et celles des riches qui vivent souvent de corruption. Le héros, Mario Condé, après avoir été inspecteur de police dans la brigade criminelle, est devenu marchand de livres d’occasion. Dans ce roman, il est appelé au secours par son ancien compagnon policier qui est devenu colonel au sein de son ancienne brigade. Dans ce roman, deux histoires criminelles se chevauchent, l’une dans les années 1910 dans le milieu de la prostitution, et l’autre en 2016. Il s’agit pour la seconde de l’assassinat de deux personnes dont l’un était un censeur de la Révolution. Condé est comme à l’accoutumée sceptique et ironique. Je conseille de lire avant celui-ci un autre roman de cet auteur. En effet, il y est fait référence à son groupe d’amis de toujours, à son amie qu’on découvre dans les romans précédents. Mais cela n’empêche pas la lecture de celui-ci. (présenté par Françoise)
Mes pas dans leurs ombres / Lionel Duroy
Il s’agit d’un roman dont le personnage principal est une journaliste française d’origine roumaine, qui décide un jour de partir en Roumanie pour enquêter sur ses racines. Elle découvre peu à peu que, durant la guerre, le gouvernement roumain a activement participé à l’élimination des très nombreux Juifs vivant dans ce pays depuis très longtemps. On parle d’arriver à une Roumanie totalement « Judenrein ». Devant le conseil des ministres de juillet 1941, Mihai Antonescu déclare : « Cela m’est indifférent que nous entrions dans l’Histoire comme des barbares. (…) Alors, je vous en conjure, soyez implacables ! Profitons de ce moment historique pour nettoyer notre terre et notre nation de tous ces malheurs passés qui nous ont empêchés d’être maîtres chez nous. » Elle découvre aussi, au cours de son voyage à travers la Roumanie, que cet épisode de l’Histoire récente a été totalement effacé de la mémoire des habitants qui, bien que vivant dans les maisons abandonnées par les Juifs, semblent ignorer leur existence. Les quelques témoins qu’elle va rencontrer lui parleront de témoignages écrits, dont ceux de Appelfeld et de Hilsenrath, qu’elle se procurera, et qui l’aideront à découvrir ce pan de l’Histoire. Elle apprendra aussi que son grand-père, si vénéré, était lui aussi un responsable de ce génocide. Au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture, l’aspect romanesque s’efface au profit des témoignages, et c’est finalement sur l’un d’entre eux, particulièrement poignant, que le livre se termine. Étrange œuvre, qui semble hésiter entre fiction romanesque – le personnage principal n’est vraiment pas sympathique, ses frasques amoureuses n’apportant rien au roman – et enquête historique révélant un aspect ignoré de la guerre 40-45, passionnant celui-là. Lecture inquiétante, alors que nous venons de célébrer les 80 ans de la libération d’Auschwitz, et que l’extrême droite refait surface un peu partout. (présenté par Thérèse)
Un homme de parole / Lee Child
Lee Child met en scène le héros de ses romans : Jack Reacher, un ancien policier militaire à qui il fait vivre un tas d’aventures. Dans ce récit, Reacher débarque dans une petite ville qu’il ne connaît pas. À peine débarqué d’un bus, il aide un homme aux prises avec un voyou qui tente de lui voler une enveloppe contenant une grosse somme d’argent. Apprenant que la victime s’apprête à rendre cet argent à la mafia albanaise, à qui il l’a emprunté pour payer les soins de sa fille atteinte d’un cancer, Reacher propose, vu les dangers, de se charger de cette mission. Ce que Reacher ignore, c’est que la petite ville dans laquelle il vient de débarquer est sous la coupe extrêmement violente de deux mafias, l’une ukrainienne, l’autre albanaise. Et qu’en plus, une de ces mafias vient de déclarer une guerre de territoire à l’autre. Il se trouve ainsi mêlé à cette impitoyable lutte de gangs. Pas de panique, le héros ne craint rien ni personne. Aidé par la lutte des mafias elles-mêmes et quelques habitants, réussira-t-il à rendre la quiétude à la petite ville ? Un bon thriller. (présenté par Eric)
Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates / Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
Il s’agit d’un roman épistolaire se déroulant en 1946, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Juliet, jeune écrivaine britannique, est à la recherche d’un sujet pour son prochain livre lorsqu’elle reçoit une lettre d’un certain Dawsey Adams, qui lui dit faire partie du « Club des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey », un club à l’origine inventé pour justifier le non-respect par un groupe d’habitants de l’île du couvre-feu imposé par l’occupant allemand. Juliet pense que l’occupation de Guernesey par les Allemands pourrait constituer un sujet de livre intéressant (Guernesey étant la seule partie du territoire britannique à avoir été occupée). Elle entame alors une correspondance avec Dawsey et les autres membres de ce drôle de club de lecture. Ces lettres, ainsi que celles que Juliet échange avec son éditeur et la sœur de celui-ci, nous font découvrir toute une galerie de personnages originaux et attachants et leur rapport à la lecture (pas toujours évident car la plupart d’entre eux n’avaient jamais ouvert un livre auparavant et leurs choix de lectures sont pour le moins surprenants). Le livre comporte également une intrigue sentimentale et une large évocation de l’occupation allemande de Guernesey et de la manière dont ses habitants ont traversé cette période difficile, avec courage et solidarité. Ça se lit très facilement, ça reste toujours léger (même lorsqu’il est question de sujets graves ou dramatiques) et c’est bourré d’humour et d’optimisme. Une lecture qui fait du bien par ces temps moroses ! (présenté par Martine)
Ta promesse / Camille Laurens
C’est un thriller psychologique, je dirais même psychiatrique, qui raconte le naufrage d’un couple. Elle (Claire, chez qui tout n’est pas si clair ?) est une écrivaine célèbre, lui est un homme de théâtre, marionnettiste connu (qui, en bon manipulateur, tire les ficelles de ses personnages) Ils tombent amoureux, sont bien assortis, rayonnent de bonheur. J’ai failli arrêter là la lecture, c’était trop beau, trop creux… mais comme Claire s’adresse à son avocat, on comprend dès le début qu’un drame va arriver… donc la curiosité m’a poussée à continuer, et heureusement ! Et j’ai été alors happée par la descente progressive de ce couple aux enfers. Après la phase de « séduction », on passe à la phase d’humiliation, deuxième étape de la perversion narcissique, comme l’explique le psychiatre… Jusqu’à quand Claire va-t-elle rester aveuglée, et accepter ces trahisons, ces dénis… « L’amour endure tout » mais jusqu’à quel point ? Comment sortir de cette emprise toxique quand on veut y croire encore…? par les mots ? Les témoignages de l’entourage et la présence des proches donnent des couleurs à la deuxième partie du roman, qui devient alors polyphonique, ce qui complète la personnalité complexe et trouble de ce prince pas si charmant. La troisième phase est la « destruction »… suspense jusqu’au bout ! C’est bien construit, l’analyse est subtile, belle écriture… mais s’abstenir… si vous êtes allergique aux circonvolutions psychanalytiques !!! (présenté par Anne)
Le liseur du 6h27 / Jean-Paul Didierlaurent
« Voilà, on voulait vous dire, on aime bien ce que vous faites. Ça nous fait drôlement du bien. Ça va bientôt faire un an que Josette et moi, on vient vous écouter tous les lundis et jeudis matin. » Sur le chemin du travail, Guylain lit aux passagers du RER de 6h27 quelques pages rescapées de livres voués à la destruction. Ce curieux passe-temps va l’amener à faire la connaissance de personnages hauts en couleur qui cherchent, eux aussi, à réinventer leur vie. Un concentré de bonne humeur, plein de tendresse et d’humanité. Très agréable à lire. (présenté par Edith)
L’inconnue du portrait / Camille de Peretti
« Portrait d’une dame », peint par Gustav Klimt en 1910 à Vienne, sera acheté par un collectionneur anonyme en 1916 et retouché par le maître lui-même un an plus tard, alors qu’il ne fait jamais cela. Le tableau sera volé en 1997 avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne à Plaisance en Italie. Non seulement personne ne sait qui est la jeune dame représentée sur la toile mais personne n’a encore élucidé le mystère qui entoure ce tableau qui en était un autre. Du pain béni pour un écrivain ou une écrivaine. Camille de Peretti est fascinée par cette histoire et décide d’y en ajouter d’autres et imagine la destinée de cette jeune femme ainsi que celle de ses descendants. Ce roman recèle secrets de familles, succès éclatants, amours contrariées, disparitions et drames retentissants. C’est plein de rebondissements et se lit très vite. (présenté par Rosaria)
Au pays de Dieu / Douglas Kennedy
« Faire une virée dans le Sud-Est Américain, avec pour but encore vague d’écrire quelque chose sur la diversité du phénomène religieux en Amérique » nous dit l’auteur. Oui, bon, « diversité du phénomène religieux », pas tout à fait vrai, plutôt diversité du christianisme ! Il n’aborde aucune autre religion. Télévangélistes, pasteurs qui sillonnent les routes pour prêcher, ou pasteurs sédentaires, quelle est leur motivation ? Quelle est la motivation des fidèles ? L’appât du gain dans certains cas : l’appel aux dons est omniprésent, sincérité chez d’autres, ou encore profiter de la misère des gens pour certains avides de l’aura que donne la profession. L’auteur interroge, écoute et retranscrit. Témoignages d’églises gérées tels de grandes entreprises brassant des millions, ou d’églises plus modestes mais néanmoins commerciales, jusqu’aux églises dont la spiritualité est le seul but. Des témoignages de toutes sortes donc et certains très étonnants tel celui d’un pasteur qui fut l’un des plus grands criminels, et qui, sorti des couloirs de la mort après avoir passé plus de la moitié de sa vie en prison, se consacre aux prisonniers restés dans le couloir de la mort. Il n’y a pas de conclusion, pas de jugement, pas vraiment d’explication, ce n’est pas un roman, juste un reportage sur un aspect de cet immense pays. (présenté par Odette)
Rendez-vous à la bibliothèque lundi 17 mars, 14 avril, 12 mai, et 16 juin de 14h à 15h30.
Vous êtes bienvenu(e)s même si vous n’avez pas de livre à présenter, à bientôt et bonnes lectures !
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